Granulés de bois : pourquoi ce combustible devient une denrée rare à l’approche de l’hiver

Les fournisseurs et grandes enseignes de la métropole peinent à être approvisionnés.

La pénurie de produits du quotidien semble s’étendre. Après la moutarde et l’huile, le granulé de bois devient, à son tour, difficile à trouver. « Nous n’en avons plus du tout, assure José Pires, gérant de la société du même nom, basée à Mauguio. J’attends de savoir si mon fournisseur habituel va pouvoir m’en livrer pour la fin du mois. » Afin de trouver une solution pour ses clients, le professionnel a décidé de contacter de nouvelles entreprises. « Elles me disent toutes que la prochaine livraison arrivera pour 2023. »

Des livraisons qui n’arrivent jamais

Du côté des grandes enseignes, la bataille semble aussi rude. Il y a quelques jours, le magasin Leroy Merlin de Saint-Jean-de-Védas annonçait la couleur : « Nous en avons reçu ce matin. Aussitôt arrivé, aussitôt vendu », indiquait une employée.

« Nous devions en recevoir la semaine dernière mais nous n’avons pas de nouvelles », explique-t-on au Leroy Merlin de Saint-Aunès. Si le Graal vient à arriver un jour, le magasin l’assure : la quantité sera limitée et les prix vont être plus élevés que les années précédentes. Une situation qui impacte directement le porte-monnaie des usagers.

Benoît, habitant de Saint-Hilaire-de-Beauvoir, a dû venir jusqu’à Mauguio pour trouver du granulé de bois. « Généralement, je me fournis dans des grandes enseignes et j’achète juste ce dont j’ai besoin, c’est-à-dire une quinzaine de sacs. Je paie habituellement entre 4,5 et 5,50 € le sac. » Cette année, il lui aura coûté 8 €. « Devant la complexité d’approvisionnement, nous avons, nous aussi, sécurisé notre hiver en achetant une palette complète de 70 sacs. » De quoi tenir deux hivers au chaud.

Une prévoyance parfois à outrance

L’Héraultais n’est pas le seul à avoir fait du stock. José Pires l’avoue : « Certains clients commandaient jusqu’à trois palettes. » Un excès de prudence qui a conduit ce fournisseur à limiter la vente à « une palette par personne ». D’autres magasins ont été encore plus drastiques.

Le magasin Monsieur Bricolage situé en centre-ville de Montpellier a limité la vente de pellets de bois à dix sacs par personne, uniquement sur commande et avec un prix fixé à 7,50 €. L’un des moins chers que nous avons pu trouver dans la métropole.

Mais, pourquoi cette ruée vers ce biocombustible ? Pour José Pires, la réponse est simple : « Avec l’augmentation de l’électricité, du gaz et les possibles coupures annoncées pour cet hiver, la population a voulu faire du stock. » Quitte à produire des ruptures.

Avec « la loi de l’offre et de la demande, les prix augmentent », ajoute le fournisseur. Cependant, ce dernier se veut rassurant. « Je pense qu’il y aura toujours du granulé, il faudra juste être patient. »

Prix bas, gare aux arnaques !

Avec les difficultés d’approvisionnement chez les fournisseurs habituels, l’envie de commander sur internet peut être forte. Cependant, plusieurs arnaques ont été relevées. Souvent, la ficelle est la même. Des prix attractifs, entre 3 et 4 € le sac de 15 kg. Plusieurs marques ont été victimes d’usurpations et les clients, bien qu’ayant été prélevés, n’ont jamais reçu leurs pellets.

À chaque fois, le numéro indiqué sur le site internet ne permet pas d’entrer en contact avec l’entreprise. En tapant « granulé de bois » sur internet, plusieurs annonces alléchantes apparaissent. Par précaution, il est conseillé de ne pas commander son pellet via internet ou, du moins, de se renseigner au préalable sur l’enseigne en question. Un site répertoriant les annonces frauduleuses existe : www.signal-arnaques.com.

Source : midilibre.fr