Mur de clôture, muret de soutènement léger, abri de jardin ou garage : le mur en parpaings reste la solution la plus répandue pour construire rapidement et à moindre coût. Les blocs de béton sont faciles à trouver, solides et simples à mettre en œuvre. Pour autant, un mur réussi demande de bien calculer les quantités, de préparer un mortier correctement dosé et de respecter quelques règles de pose. Voici la méthode, des fondations jusqu’à la finition.
Commencer par les fondations
Un mur en parpaings ne se pose jamais directement sur la terre. Il repose sur une semelle de fondation en béton armé, coulée dans une tranchée creusée sous la profondeur du gel, qui varie selon les régions. Pour un mur de clôture, la semelle mesure en général deux à trois fois la largeur du mur. Elle doit être parfaitement de niveau sur toute sa longueur : c’est elle qui conditionne la rectitude de toutes les rangées suivantes. Avant de construire un mur en limite de propriété, vérifiez les règles locales d’urbanisme, qui peuvent imposer une hauteur maximale ou une déclaration préalable.
Calculer le nombre de parpaings
Le parpaing le plus courant mesure 50 cm de long et 20 cm de haut, pour une épaisseur de 10, 15 ou 20 cm selon l’usage. En comptant le joint de mortier, chaque bloc couvre une surface d’environ 0,1 m². On retient donc une moyenne d’environ 10 parpaings par mètre carré de mur. Un mur de 10 m de long et 1,60 m de haut, soit 16 m², nécessite environ 160 parpaings, auxquels on ajoute 5 à 10 % pour les coupes et la casse.
Pensez aussi aux blocs spéciaux : blocs d’angle, demi-blocs pour les extrémités, blocs à bancher pour les murs de soutènement ou les chaînages, et éventuellement des blocs en U pour réaliser un linteau ou un chaînage horizontal. Des calculateurs en ligne, comme ceux proposés gratuitement sur montravoo.fr, donnent directement le nombre de blocs et la quantité de mortier à partir des dimensions du mur.
Préparer le mortier
Le mortier de montage associe ciment, sable et eau. Un dosage courant se situe autour de 300 à 350 kg de ciment par mètre cube de sable, ce qui correspond, à la bétonnière, à environ un volume de ciment pour trois volumes de sable. Pour un mur en parpaings, on compte en moyenne une vingtaine de litres de mortier par mètre carré, avec des joints d’environ un centimètre. Gâchez de petites quantités à la fois : un mortier qui a commencé à prendre ne doit jamais être réhumidifié et réutilisé.

Poser la première rangée
La première rangée est la plus importante. Tendez un cordeau entre deux piquets pour matérialiser l’alignement, étalez un lit de mortier sur la semelle et posez d’abord les blocs d’angle ou d’extrémité. Vérifiez leur niveau dans les deux sens et leur aplomb, puis posez les blocs intermédiaires en tapotant au maillet ou au manche de la truelle. Une première rangée parfaitement réglée évite de rattraper des défauts sur toute la hauteur du mur.
Monter les rangées suivantes
Les rangées se montent à joints croisés : chaque bloc chevauche les deux blocs de la rangée inférieure, à la manière d’un mur de briques. On commence toujours par les extrémités, en remontant le cordeau à chaque rangée, puis on remplit l’intervalle. Contrôlez régulièrement le niveau, l’aplomb et l’alignement : un écart de quelques millimètres se cumule vite. Raclez les excédents de mortier au fur et à mesure pour garder des joints propres.
Au-delà d’une certaine longueur ou hauteur, un mur doit être renforcé par des poteaux et des chaînages en béton armé, réalisés avec des blocs à bancher ou des coffrages, et éventuellement par des joints de dilatation. Ces renforts évitent les fissures et assurent la stabilité face au vent et aux mouvements du sol.
Finir le mur
Le sommet du mur se protège par un chaperon ou une couvertine, qui empêche l’eau de s’infiltrer dans les alvéoles des blocs. Les faces visibles reçoivent ensuite un enduit : un parpaing laissé brut se dégrade et prend l’humidité. L’enduit se pose en plusieurs couches après séchage complet de la maçonnerie, en respectant les temps indiqués par le fabricant.
Les erreurs à éviter
- Construire sans semelle de fondation ou sur une semelle mal réglée.
- Négliger la première rangée et devoir rattraper les défauts ensuite.
- Aligner les joints verticaux au lieu de les croiser.
- Monter trop haut en une seule journée sans laisser le mortier prendre.
- Oublier les chaînages sur un mur long ou haut.
- Laisser le mur sans chaperon ni enduit.
Bien préparer son chantier
Avant de commander les matériaux, faites la liste complète : parpaings et blocs spéciaux, ciment, sable, acier pour la semelle et les chaînages, produits de finition. Prévoyez aussi le matériel : bétonnière, niveau, cordeau, truelle, auge et équipements de protection. Pour planifier les étapes et éviter les oublis, les conseils pour organiser les travaux d’un chantier de maçonnerie sont un bon complément. Bien calculé et bien monté, un mur en parpaings durera des décennies.