une nouvelle aide de l’État pour la rénovation énergétique

L’Anah, placé sous la tutelle du ministère du Logement, va proposer de financer jusqu’à 25% du montant des travaux de copropriétés dont l’étiquette énergétique varie de D à G. Avec le fonds d’aide à la rénovation thermique (Fart), ce pourcentage pourra même atteindre un tiers de la facture. Les personnes qui ont du « mal à payer leurs factures (taux d’impayés entre 8% et 15/25% selon la taille de la propriété) » sont également concernées.

Le Parisien avance un exemple : « Dans un ‘copro’ de 30 logements avec chauffage collectif, pour un coût de travaux de 15.000 euros par appartement, le chèque serait de 5.250 euros », écrit-il. L’Anah peut également accompagner les apprentis rénovateurs en leur permettant d’identifier puis de relancer le bouquet de travaux nécessaires (changement de chaudière, isolation du toit, ventilation efficace…).

435 MILLIONS D’EUROS DE TRAVAUX

« On estime à 2,6 millions le nombre de ménages précaires dans le parc de résidences principales privés », a expliqué au quotidien la directrice de l’agence, Blanche Guillemot. « Enfin, les 145 millions d’euros d’aide généreront environ 435 millions d’euros de travaux, soit plus de 5.000 emplois créés ou sauvegardés ».

Lancé en 2013 dans le cadre du plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH), le programme « Habiter mieux » a permis de rénover près de 50.000 logements en 2014 et en 2015, dont la moitié étaient occupés par des ménages vivant sous le seuil de pauvreté. Ce programme permet de réaliser des « économies d’énergie très importantes sur les logements, avec un gain énergétique moyen de l’ordre de 40% », et son accélération en 2016 « pourrait ainsi conduire à la création de 24.000 emplois en France ».

UNE AUTRE PRIME POUR CHANGER VOTRE CHAUFFAGE

La semaine dernière, le ministère de l’Énergie avait également annoncé la mise en place d’une prime économies d’énergie allant jusqu’à 1.300 euros pour aider les ménages à changer certains de leurs équipements de chauffage. Attribuée sous conditions de ressources, elle sera limitée dans le temps jusqu’au 31 mars 2018. Par exemple, un ménage pourra recevoir au moins 800 euros pour le remplacement de sa chaudière par une chaudière neuve au gaz ou au fioul à haute performance énergétique. Elle pourra même atteindre 1.300 euros pour le remplacement d’une chaudière par un chaudière neuve au bois très performante ou 100 euros pour l’installation d’un programmateur centralisé pour radiateurs électriques.

Au total, 45% des ménages sont éligibles à cette nouvelle prime, soit 10 millions de foyers. Le ministère précise qu’elle sera cumulable avec le crédit d’impôt transition énergétique (CICE). Près de six millions de ménages français sont considérés en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire qu’ils consacrent plus de 10% de leurs revenus à leurs dépenses en énergie dans leur logement ou qu’ils déclarent une sensation de froid lié à un équipement de chauffage défaillant ou une mauvaise isolation.

« Le principe du coup de pouce pour les ménages modestes est louable, mais c’est une énorme hypocrisie parce que c’est financé par les consommateurs, y compris les locataires qui n’ont pas la main pour changer leur chaudière. C’est en fait une taxe cachée », a critiqué auprès du quotidien Les Échos, Fabien Choné, directeur général délégué de Direct Énergie. « La facture de la prime annoncée sera collectivement assumée par tous les consommateurs d’énergie », écrit le quotidien. « Si certains fournisseurs d’énergie peuvent absorber ces coûts et rogner sur leurs marges pour ne pas augmenter leurs prix, l’évolution du tarif réglementé d’EDF pour les particuliers intègre, dans sa formule de calcul, le coût des CEE ».

Source: boursorama.com