Le retour du mobilier Fifties

Amoureux de la chine et des années 50, les propriétaires de cet appartement marseillais souhaitaient en faire un pied-à-terre à leur image. Le lieu offrait une très belle vue sur la mer, qui les a séduits immédiatement, mais son agencement, très cloisonné, laissait à désirer. Les nouveaux occupants ont alors fait appel à l’architecte Eric Steiner, qui a joué la carte de l’audace – et de la couleur…

« L’immeuble datait des années 60, se souvient l’architecte. L’appartement, lui, était très étriqué et manquait de charme. Nous l’avons donc entièrement rénové ». Outre de lourds travaux (plomberie, électricité, pose d’une pompe à chaleur, isolation phonique et thermique au sol, sur les murs et en façade, etc.), Eric Steiner s’est appliqué à décloisonner les 65 m² du logement. « J’ai voulu faire profiter de la vue sur le front de mer à un maximum de pièces » nous explique-t-il.

Dans la chambre comme dans la cuisine, le mobilier encastré a été réalisé sur mesure par un menuisier. Si ce choix a grevé le budget des travaux (près de la moitié de 120.000 euros), il a permis d’optimiser l’espace et de créer un maximum de rangements dans un minimum de place.

Agrandir les espaces était une étape indispensable : elle a permis de réaliser une belle « mise en couleurs », au sens propre ! S’inspirant des univers de Mondrian et Le Corbusier, Eric Steiner n’a pas hésité à jouer avec les teintes vives et à les associer dans toute la maison. En témoignent le salon, dont les murs sont orange et bleu, la cuisine, aux meubles vert anis et orange, la chambre d’amis, aux murs jaunes, et la salle de bains, au plafond rouge. « Dans cette pièce, nous avons même laqué les grilles de ventilation de plusieurs couleurs » précise l’architecte.

Chaque pièce possède ainsi ses propres teintes, ce qui permet de structurer l’espace, y compris dans la partie ouverte entre le salon, la cuisine et l’entrée. Mais, loin de créer un effet « arlequin », ce choix, harmonisé par un sol noir dans presque toutes les pièces, s’avère chaleureux et cohérent. « Les clients nous ont vraiment suivi dans le choix des couleurs, ils nous ont fait confiance » se souvient Eric Steiner.

Quant à la décoration, elle a été imaginée par les propriétaires eux-mêmes. « Ils sont allés chiner jusqu’en Bretagne pour trouver les meubles des années 50 qu’ils souhaitaient » souligne l’architecte. Les fauteuils jaune moutarde, le buffet aux portes multicolores et les affiches publicitaires anciennes créent une atmosphère résolument vintage. Au final, le pied-à-terre ultra-vitaminé et accueillant semble parfaitement intemporel.

(source : maisonapart.com)